Thionville

2016

Médiathèque 3èmeLieu

Maître d'ouvrage : Ville de Thionville
Coût : 11 000 000 € H.T.
Surface : 4590 m2


Ce projet porte l’ambition de devenir un nouveau modèle de médiathèque. Le programme réinterroge ses fonctions pour lui donner le contenu d’un troisième lieu, un lieu où le public devient acteur de sa propre condition, un lieu où l’on conçoit autant que l’on reçoit. Associé au programme de base, le bâtiment accueille des espaces d’exposition, de création, des studios de musique, un café restaurant. Les différentes activités programmatiques se diluent les unes dans les autres et créent un dispositif dynamique. Le bâtiment se rapproche de la couronne de platanes, c’est la première épaisseur qui fait filtre avec la rue, il semble jouer avec cette première colonnade végétale. La façade fonctionne comme un ruban qui se déroule et vient accueillir les univers contenus dans le programme. Lorsqu’il est le plus proche de la rue, le ruban s’abaisse pour mieux le contenir tandis qu’il se soulève lorsqu’il est en retrait. Dans les creux, la limite entre l’espace intérieur et l’espace urbain se fait moins forte et permet de s’approcher, d’investir visuellement le bâtiment. Les pleins et les déliés produisent une ambiguïté entre le dedans et le dehors, ils réinterrogent les limites de l’espace public. L’espace devient incertain, il ne possède plus de contours clairs et questionne sa pratique, ses usages. La lumière se déploie le long du ruban qui la distribue dans les espaces et jusqu’au cœur du bâtiment. Une rampe jardin offre une nouvelle échappée vers l’extérieur dans un parcours ascensionnel qui conduit à un bar d’été, point d’orgue de la promenade architecturale. Le jardin prolonge la déambulation intérieure, on s’approche de la ligne d’horizon, la ville disparaît et seul le couronnement des platanes dialogue avec le ciel. De nouveaux usages sont possibles. On peut faire la sieste, pique niquer, lire en plein air, se rassembler. Le bâtiment repose sur un principe de systèmes irréguliers autonomes. La superposition de ces systèmes simples mais qui renvoient à des logiques indépendantes produit une tension dans l’espace et dans sa lecture. Ainsi, l’espace perceptif optique, échappe à l’espace euclidien qui privilégie les lignes droites. Les bulles contiennent des éléments du programme très spécifiques comme l’heure du conte, des laboratoires de langue, des lieux pour jeux vidéo, une salle d’arts plastiques, etc. Elles sont définies comme des cocons où l’on est coupé des autres univers, où l’on échappe à la partie collective. Les bulles sont le dernier refuge, le lieu le plus intime du bâtiment. Elles aussi, ne répondent pas à une logique cartésienne. La distance qui les sépare dépend de leur aire d’influence, de leur échelle. La couleur et les matières de l’espace principal font apparaître des variations de lumière et de teinte qui contrastent avec la matérialité des bulles. L’espace est fluide, les parcours multiples offrent des points de vues toujours renouvelés. Le processus de dévoilement des univers devient le jeu de la promenade. Le déplié de l’enveloppe accentue cette impression d’espace infini. Dans cet espace « indicible » la notion de gravité semble s’évanouir, le toit et les murs semblent flotter. Cette sophistication génère une « acoustique plastique » qui donne à ce nouveau lieu une atmosphère qui transporte et réinterroge le rapport au corps, la fluidité. La lecture de l’espace n’est pas univoque, la perception qu’on en a révèle une complexité, une richesse inattendue. C’est un espace de liberté.

Espace culturel PUZZLE > PZZL à Thionvill

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Competition for the 3eL media library, Thionville, Fr

Making of the model for the 3eL library Thionville