Maître d’ouvrage : Ville de Lyon
Coût : 10 100 000 € H.T.
Surface : 4 200 m2
Nous voulions que l’on puisse danser partout dans les Ateliers de la danse : nous voulions que les artistes et leurs mouvements ne soient pas contenus dans des salles de pratique, mais qu’ils puissent se déployer librement dans la volumétrie du bâtiment et sur son toit terrasse, comme une cinématique dont seule la persistence rétinienne garderait l’empreinte poétique.
Nous ne cherchons pas à créer des lieux qui se contenteraient de répondre à des besoins d’usages compartimentés et ne seraient que fonction. Nous cherchons à créer des lieux que l’on puisse vivre.
Le grand hall a été dessiné de façon à ce que les spectacles puissent y déborder, de façon à ce que l’art puisse jaillir dans la rue, aller à la rencontre de la ville, et s’offrir aux habitants. De par son ampleur, il transcende sa fonction d’accueil, et devient un lieu de convergence et de possibles.
Ici, les frontières du territoire créatif n’ont pas cours. Nous voulions une danse pratiquée, une danse au grand jour, dont l’énergie et la curiosité puisse explorer et épouser l’architecture au lieu d’être confinée et délimitée par elle. Le processus de fabrication ainsi mis en valeur promet un grand potentiel pédagogique.
Acteurs de la rennaissance de l’îlot Kennedy, les Ateliers de la danse contribuent à la création d’un fragment de ville apaisée et ouvrent la voie d’un futur désirable. De ceux qui s’espèrent verdoyants, tournés vers la culture, et vers la convivialité. Un îlot au sens propre donc, protégeant et offrant à tous un éclat de sobriété heureuse.
Imposant de prima bord en raison de son mode constructif et de son programme, ce projet architectural n’a cependant rien de massif. Ses courbes adoucies soulignent, révèlent, mais surtout accompagnent le mouvement des danseurs. La silhouette des Ateliers de la danse sera un repère, visible au loin, et le symbole de l’engagement de la Ville pour l’Art. Ce creuset créatif iconique sera l’écrin de son rayonnement futur.
Les Ateliers de la Danse seront le plus haut bâtiment contemporain d’Europe en pisé structurel. La technique du pisé consiste à construire des murs massifs en compactant des couches de terre humides dans des coffrages. Le mur est décoffré immédiatement après que la terre ait été damée. Une fois décoffré, il dispose d’une texture unique et variable aux qualités esthétiques très interessantes, et ne nécessite pas d’enduit.
Le pisé a été choisi afin de répondre aux enjeux environnementaux de notre époque, et dans une logique de frugalité : très adapté à la volumétrie du bâtiment, c’est également un matériau local et disposant de propriétés thermiques très avantageuses. Le confort thermique sera exceptionnel aux Ateliers de la danse en période caniculaire, mais le sera tout autant durant les autres saisons.
Construire en pisé dans la ville de Lyon permet également de mettre en lumière un savoir-faire régional et ancestral, seul à pouvoir mener à bien ce projet, et dont la résurgence témoigne de l’intérêt actuel pour les solutions durables et responsables.
Nous proposons un bâtiment vertueux, bas carbone, et économe en énergie. Avec ses acrotères courbes, il offre à la ville une nouvelle icône — la frugalité n’étant pas inconciliable avec l’élégance et lui conférant au contraire un charme intemporel. La sobriété devient ici une forme de raffinement.