Thionville

2024

Site Polyvalent Omnisport

Maître d’ouvrage : Ville de Thionville
Coût : 11 720 000€ HT
Surface : 4554 m²


Il s’agissait ici d’inscrire un volume contemporain dans un existant datant de 1960. Le théâtre et le gymnase municipal de la ville formaient un ensemble historique, mais l’équipement sportif avait besoin d’être modernisé pour pouvoir accueillir des compétitions à fort rayonnement et des manifestations culturelles.

Notre approche a été guidée par un désir de cohérence architecturale et de respect du patrimoine bâti. Nous avons donc préservé le mur de pierre qui portait visuellement l’ensemble du site, et fait désormais office de trait d’union entre les époques. Le portique d’entrée originel a également été conservé, et demeure le repère qu’il a toujours été pour les habitants de la ville.

Les principes formels de la façade du gymnase ont été empruntés à celle du théâtre. Avec la verticalité de ses ouvertures et l’alternance de ses masses pleines et vitrées, le SPOT vient prolonger la salle de spectacle comme si les deux bâtiments étaient nés du même geste, et que le nouvel édifice honorait son héritage tout en l’ancrant dans la modernité.

Placé en porte-à-faux à l’extrémité gauche du socle de pierre, le volume argenté de la salle polyvalente semble flotter — comme en suspens dans la composition générale. Il répond à celui du théâtre, et sa couleur lui confère une légèreté paradoxale qu’une baie vitrée de 46 m de long vient amplifier. À l’angle du boulevard du XXe Corps, la salle de danse offre son ballet à la ville grâce à de généreuses transparences. Côté rue Pasteur, un retrait de volume a permis de préserver un cèdre du Liban qui apporte son ombre à la salle de GRS.

Des choix structurels écartant les éléments porteurs manifestes permettent à l’œil de découvrir les espaces intérieurs sans être arrêté. Il est alors frappé par l’ampleur et par la clarté qui les caractérisent. Le hall d’accueil s’ouvre ainsi à la fois sur un escalier monumental en béton architectonique — qui invite à monter vers la salle polyvalente et vers la partie haute des gradins — mais aussi sur l’accès au gymnase du RDC, et sur l’allée qui mène à la salle de danse. La vue est généreuse, et appelle à contempler la beauté de l’espace. L’ocre embrase ses hauteurs, et la lumière naturelle révèle l’épiderme de son béton.

Si l’entrée historique demeure, son nouvel espace d’accueil a néanmoins la particularité de se déployer entre le hall du RDC et le vaste balcon du R+1. Cet atrium en double hauteur porte le hall au rang de véritable espace. Les mouvements de flux qu’il suggère permettent le déroulement d’événements simultanés dans les deux salles principales, et invite au croisement des publics.

La salle de GRS, avec sa hauteur sous plafond de 12m, a la particularité d’être un véritable cube. Il s’agit d’un écrin offert aux lanceuses et aux lanceurs de ruban, et les flux d’air y sont pour cette raison très faibles.

L’équipement phare du SPOT est un mur d’escalade de 42m de large et de 15m de haut qui se déploie dans le gymnase du RDC et a été appréhendé comme un élément architectural à part entière. Ses parois ont été sculptées comme celles d’un massif et disposent de voies adaptées aux compétitions internationales. Une ouverture triangulaire inattendue perce leur base pour faire entrer la ville dans le gymnase. Sur le mur opposé, un gradin de 750 places s’élève jusqu’à la salle polyvalente du R+1, et trois écrans géants avec régie permettent de diffuser épreuves et spectacles en temps réel dans les deux salles. Le volume supérieur blanc du gymnase lui permet de bénéficier d’une lumière naturelle homogène adaptée aux compétitions.

Les deux grandes salles de pratique ont été pensées de façon à ce qu’elles puissent se prêter à une multiplicité d’activités et refléter la diversité programmatique de l’établissement. Nous l’avons encouragée en ne spécialisant pas les entrées de ces espaces : nous voulions développer une forme de porosité joyeuse.

La coupe transversale illustre bien cette relation qui fait la singularité de l’équipement public : la salle polyvalente rouge du R+1 — positionnée en porte-à-faux sur le mur de pierre historique — prolonge le gymnase bleu situé au RDC, et le rencontre au niveau du point haut de ses gradins. Seule une baie vitrée qui permet de passer d’un espace à l’autre, et une rupture chromatique, font office de lisière symbolique.

Placée en miroir à l’autre bout de la salle polyvalente, une seconde transparence s’ouvre sur la ville et sur la silhouette organique de la médiathèque Puzzle. Les volumes supérieurs de cette salle sont trempés dans un rouge magistral, qui teinte le sol en fonction de l’éclairage choisi. L’emploi assumé de la couleur promet des expériences sportives riches en émotions, et ouvre la salle à des usages plus festifs.

Lorsqu’elles sont réunies, les deux salles deviennent un espace de 2800 m2, adapté aux manifestations sportives, culturelles, ou professionnelles d’envergure. La salle polyvalente peut alors être le « foyer haut » du gymnase, de même que le gymnase peut devenir l’annexe d’un événement en cours au R+1 — la réversibilité du bâtiment ayant été pensée pour épouser sa richesse programmatique.

Les prolongements visuels de la coupe donnent de l’ampleur à ce bâtiment de 46 m de long marqué par la transparence. L’ensemble se prête pour cette raison à de multiples potentiels scénographiques. Il place le confort visuel et spatial des usagers avant toute autre chose