Maître d’ouvrage : Communauté de Communes de Sarlat Périgord Noir
Coût : 3 600 000€ HT
Surface : médiathèque 1442 m², école 593 m²
La médiathèque et l’école de musique s’adossent à une falaise de terre ocre qui leur confère un caractère d’exception.
Il s’agissait ici d’insérer une volumétrie contemporaine dans une des plus belles villes médiévales d'Europe, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et caractérisée par la couleur dorée de son lacis de venelles pittoresques et d’hôtels particuliers.
Il nous incombait donc de proposer un objet architectural majeur, singulier et durable tout en évitant de troubler l’identité de la capitale du Périgord Noir. Un travail étroit a pour cette raison été mené avec un architecte des bâtiments de France et nous a permis de dialoguer avec ce formidable patrimoine.
Il y avait sur ce site une ancienne usine de foie gras centenaire dont nous avons conservé un mur de pierre. Il borne maintenant l’arrière de la médiathèque et longe la rue Jean-Baptiste Delpeyrat, qui doit son nom à l’entreprise fondée en 1890 et dont les locaux étaient désaffectés depuis plus de 30 ans. Ce geste s’inscrit dans une démarche respectueuse de son environnement et tournée vers la matérialité et les savoir-faire locaux.
Nous avons en effet apporté un soin tout particulier au travail de la matière afin que le projet puisse faire corps avec son site. La fragmentation des façades de la médiathèque elle-même fait écho à l’échelle du centre historique, et la teinte du bâtiment — tout comme la texture de ses façades — rappelle les murs de pierre anciennes qui sculptent la ville.
La médiathèque et l’école de musique sont reliées par une place et bénéficient maintenant côté sud d’une grande esplanade ouverte sur le paysage qui pourra se prêter à l’organisation de tous types d’événements en plein air. En ménageant une distance entre les deux bâtiments, nous permettons à la ville de prendre une grande inspiration, et le vide ainsi créé révèle les arbres qui surplombent le projet et la superbe topographie naturelle du site.
L’école de musique emménage quant à elle dans les anciens locaux administratifs de l’usine, une belle maison bourgeoise traversée par un porche public qui mène à l’esplanade et produit une percée dans la ville. Nous avons choisi de la conserver et de la restructurer pour protéger tout ce qui pouvait l’être de cet héritage au charme certain.
Une logique de recyclage et d’approvisionnement local a été adoptée et deux matériaux ont été récupérés sur site : des moellons de pierre — utilisés pour rénover la façade principale existante de la médiathèque — et des cailloux — agglomérés et pressés sur des panneaux d’isolants pour y laisser leur empreinte et créer une matrice artisanale, qui a ensuite servi de fond de coffrage au béton de la façade neuve. Ce béton a, lui, été confectionné à partir de matériaux provenant de carrières à proximité.
La pierre et le parc naturel qui bornent le site nous ont conduits à adosser la médiathèque à la roche pour qu’elle bénéficie de l’inertie de l’imposante masse minérale. Les déformations géométriques du plan du projet s’appuient donc sur les lignes de force de la topographie, et nous avons invité la roche dans la médiathèque en y creusant un salon de lecture troglodyte. La présence du rocher à l’intérieur de l’espace apporte une hygrométrie et un confort thermique appréciables.
Le monolithe repose sur une structure en béton armé mêlant porteurs linéaires et ponctuels. Ses façades et ses planchers jouent un rôle clé dans sa stabilité. Des voiles porteurs, parfois en encorbellement, suivent les principes éprouvés du béton armé, et permettent d’offrir à la vue un espace dont la contemplation n’est arrêtée par aucun obstacle.
L’ocre de Sarlat teinte les volumes des espaces de lecture qui se déploient dans une double hauteur généreuse pour capter la lumière naturelle de multiples façons. À travers les hauts-jour et les baies vitrées, on peut apercevoir les arbres qui couronnent la falaise, mais aussi des morceaux de ville ancienne et de ciel bleu. Le patio du personnel situé en R+1 s’ouvre sur l’accueil du RDC grâce à une transparence qui déverse sa lumière dans les espaces de consultation. L’importante hauteur sous plafond et la stratification de l’air garantissent un confort optimal en été.
Une terrasse publique ensoleillée située en R+1 est accessible depuis la place ou les locaux du personnel. Elle s’ouvre sur la ville et dispose de très grands fauteuils qui permettent de s’offrir une pause contemplative au quotidien.
La volumétrie ouverte de la médiathèque, sa place, sa terrasse et son esplanade, font de ce nouvel ensemble un lieu profondément tourné vers les habitants et invitant à la rencontre. Levier de démocratisation de la culture, il sera un refuge où l’on pourra contribuer à un monde désirable centré sur la découverte et le partage.