Grande-Synthe

2028

Bâtiment de pratiques artistiques

Maître d’ouvrage : Ville de Grande-Synthe
Coût : 4 565 000 € H.T
Surface : 1746 m² + 1707 m² ext


Il s’agissait pour nous d’une évidence : l’espace public devait s’organiser autour des deux remarquables platanes dont dispose le site. Nous proposons de créer une véritable place, un lieu fédérateur où il fera bon se retrouver. Ici, l’architecture viendra dessiner l’espace public.

Une forme en « L » et des façades en brique se sont naturellement imposées pour structurer ce lieu de rencontre, révéler son potentiel, et établir un dialogue avec les constructions voisines. Un travail de modénature contemporain a en effet été réalisé pour faire écho aux bâtiments alentours.

La façade en retrait qui invite la place est réalisée en brique blanche, et marque pour cette raison clairement l’entrée de l’équipement. Les différentes textures de brique – mates, vernies, en relief – sont un véritable terrain de jeu pour les ombres projetées par les arbres qui donnent vie à la façade au fil de la journée.

À l’intérieur, il nous semblait essentiel de positionner l’auditorium — pièce majeure du programme — avec justesse. Nous le voulons réversible, c’est-à-dire qu’il pourra s’ouvrir sur la place à la belle saison. Ce dispositif permettra d’accueillir des activités inédites comme des concerts et des séances de cinéma en plein air, et bien d’autres encore. Il a été conçu comme un instrument de musique à part entière : sa géométrie et ses panneaux en bois permettent au son de se diffuser de façon homogène et maîtrisée, et offrent une acoustique tout aussi adaptée à la musique qu’au théâtre.

Les salles de musique s’installent naturellement au RDC. Cette solution nous a semblé plus commode pour le déplacement des instruments et plus logique par rapport à la proximité de l’auditorium. Les salles de pratique s’ouvrent, elles, sur la petite forêt que nous proposons de planter, tandis que les grandes salles donnent sur la place. La salle des percussions placée au cœur du bâtiment est en double hauteur pour des raisons acoustiques. Tout est fait pour offrir les meilleures conditions d’enseignement : lumière, qualité d’écoute, confort d’usage.

Nous avons installé les salles d’arts plastiques à l’étage. Elles bénéficient d’un accès direct aux terrasses extérieures et permettent de travailler en plein air lorsque cela est nécessaire. Les salles de l’étage sont toutes différentes, contrairement à celles du RDC, et leurs orientations et cadrages variés donnent à chacune une identité propre.

La grande terrasse comprendra un bar d’été. La partie haute de l’auditorium s’ouvrant sur cette dernière, il sera possible d’imaginer — après une conférence ou un concert — un moment de convivialité prolongeant l’événement. Cette terrasse joue donc un double rôle : source de lumière et lieu de vivre ensemble. Le petit bois planté à l’est permet également de créer des espaces propices à la pratique en extérieur. Grâce à des clairières aménagées, il sera possible d’y jouer de la musique, de donner des cours en plein air ou d’organiser des activités au cœur de la nature.

Mais ce qui fédère tous ces espaces, c’est évidemment leur hall. Nous l’avons souhaité ample, généreux et traversant. Ses doubles hauteurs créent des liens visuels : on peut apercevoir la salle de musique actuelle et celle des percussions, ou encore la salle d’arts plastiques situés à l’étage lorsqu’on s’y trouve. Il bénéficie aussi de vues dégagées vers la forêt qui lui confèrent une atmosphère particulière et précieuse, dont peu de halls disposent. C’est un espace propice aux expositions, aux temps de rencontre, à la découverte. Il s’agit du cœur du bâtiment : nous l’avons dessiné comme un lieu apaisant et convivial.

Tout est mis en œuvre pour donner envie de pratiquer et pour créer des passerelles entre les différentes activités artistiques. L’approche de ce projet vertueux et à énergie positive dépasse très largement le domaine technique et architectural. Nous souhaitons ici construire un lieu qui rayonne, un lieu généreux qui s’adresse à toute la population, un lieu qui dépasse ses limites programmatiques et soit au service de la culture et de la vie locale.

Nous voulons créer un lieu qui rassemble les générations, un lieu vivant, ouvert, évident pour ses usagers comme pour ceux qui le découvriront de l’extérieur.